Les Maladies Rénales

La transplantation rénale

La transplantation rénale

La transplantation rénale consiste à remplacer le rein malade par un rein prélevé sur un donneur. De toutes les options de traitement de l’insuffisance rénale chronique, la greffe est celle qui assure la meilleure qualité de vie et donne les meilleurs résultats en termes de durée et de coût. Aussi, il est important que vous demandiez à votre médecin de vous inscrire le plus tôt possible sur la liste d’attente des greffes, c'est à dire dès l'annonce du diagnostic d'insuffisance rénale.

S'il est souhaitable que la greffe devienne le traitement de première intention, tous les patients ne peuvent cependant pas avoir accès à cette technique, car se pose la question de la compatibilité du rein greffé à l’organisme du receveur (certaines personnes sont hyperimmunisées et la greffe engendre chez eux un rejet). La transplantation nécessite de prendre un traitement immunosuppresseur (anti-rejet) à vie, les personnes greffées ne sont donc pas à proprement parler "guéries". La durée de vie moyenne d’un greffon est de 10 ans mais certaines personnes arrivent à vivre avec le même greffon, 15, 20 ou même 30 ans. On peut être regreffé après cette période ou lorsqu’une greffe échoue.

Un bilan complet du futur receveur permet de vérifier qu’il n’y a pas de contre-indication à la greffe (insuffisance cardiaque très sévère, cancer évolutif, état infectieux évolutif, diabète sucré instable…). 

La greffe à partir de donneur décédé
Encadré par les lois de bioéthiques, le prélèvement peut être effectué sur une personne non apparentée en état de mort encéphalique. Cette situation de mort cérébrale est relativement rare, limitant les possibilités de prélèvement.
Les organes prélevés sont greffés à des receveurs inscrits sur la liste nationale d’attente de greffe, selons des critères prenant en compte  le groupe sanguin, la compatibilité tissulaire HLA entre le donneur et le receveur, la différence d’âge, les caractéristiques immunologiques du receveur et la durée d’attente par ordre d’inscription sur la liste.
La transplantation n’est possible qu’à partir d’un donneur ayant un groupe sanguin identique ou compatible avec le receveur.

La greffe à partir de donneur vivant
Il est possible de vivre normalement avec un seul rein. Une personne volontaire et en bonne santé peut donc donner un rein à l’un de ses proches dans des conditions définies par la loi. 
Qui peut donner un rein ?
Une personne majeure vivante, volontaire et en bonne santé peut donner un rein dans les conditions définies par la loi de bioéthique du 7 juillet 2011 qui a élargi le cercle des donneurs vivants d’organes au-delà de la famille puisque le donneur peut être toute personne apportant la preuve d’une vie commune ou d’un lien affectif étroit et stable prouvé depuis au moins deux ans avec le receveur.
Le candidat au don doit passer par un bilan médical complet comportant des examens cliniques, radiologiques et biologiques pour s'assurer de la compatibilité et de l'absence de risque pour le donneur et pour le receveur. 
Voir également notre Fiche pratique sur la prise en charge financière du donneur vivant.

La greffe préemptive 
La greffe préemptive est effectuée avant que le patient n'entre en dialyse. L’inscription sur la liste de greffe est à faire avant que la fonction rénale nécessite la dialyse. C’est le cas pour 12% des nouveaux greffés. Ce type de greffe est le plus souvent réalisé avec un donneur vivant et obtient parmi les meilleurs résultats.

Principe du don croisé 
Le don croisé est une organisation particulière de greffe rénale avec donneur vivant autorisé par la loi de bioéthique du 7 juillet 2011 et son décret d’application paru en septembre 2012. Ce don est régi par trois principes posés par la loi : l'information du donneur, l'anonymat entre les deux paires et la simultanéité des interventions chirurgicales. 

Cette solution peut être envisagée lorsque le proche qui souhaite donner n’est pas compatible avec le patient. 

Un donneur D1 souhaite donner à son proche, le receveur R1, mais n’est pas compatible avec lui. Par ailleurs, un donneur D2 souhaite également donner à son proche, le receveur R2, mais n’est pas compatible avec lui.
Si le donneur D1 est compatible avec le receveur R2 et que le donneur D2 est compatible avec le receveur R1, une greffe peut être envisagée entre le donneur D1 et le receveur R2 et une autre entre le donneur D2 et le receveur R1. C’est cela que l’on appelle le don croisé.  

Le don croisé repose sur le principe d’anonymat. Chaque donneur des deux paires accepte de donner un rein à un receveur anonyme pour permettre à son proche d’accéder à une greffe. Chaque receveur accepte également de recevoir un rein d’un donneur anonyme


 

Le don croisé permet d’augmenter le nombre de donneurs potentiels face au grand nombre de patients en attente d’une greffe de rein. Elle présente aussi des avantages médicaux intéressants : accès rapide à la greffe, faible temps d’ischémie froide, niveau de compatibilité HLA (Abrégé de l’anglais « human leukocyte antigen ») élevé et une chirurgie programmée.

A noter que les chaînes ou triplets (3 couples donneur/receveur) ne sont pas autorisés en France. 

Les traitements antirejets
Notre corps sait lutter efficacement contre l'installation de corps étrangers. Or un greffon n'est rien d'autre qu'un corps étranger, qui sera systématiquement détruit par l'organisme receveur si rien n’est fait. Pour pallier ce phénomène, des médicaments antirejet ont été mis au point : ce sont les immunosuppresseurs.
Les premiers médicaments utilisés pour réduire les réactions immunitaires furent les corticoïdes et l'azathioprine, souvent utilisés en association. Les corticoïdes sont des anti-inflammatoires très puissants mais aussi des immunosuppresseurs. Malheureusement, leur emploi à long terme entraîne des effets secondaires qui en limitent l'usage même si leur association à l'azathioprine a permis la réduction de leur posologie tout en maintenant leur efficacité.
Aujourd'hui, on les associe à des molécules dont l'action est plus ciblée. Avec la ciclosporine ou le tacrolimus, l'immunosuppression est rendue plus efficace. L'association de plusieurs de ces médicaments permet d'adapter le traitement antirejet en fonction de chaque profil de patients et d'allonger la survie du greffon.
La recherche continue dans ce domaine. La complexité du système immunitaire humain nécessite que les laboratoires cherchent de nouvelles voies thérapeutiques permettant d'obtenir une excellente balance entre efficacité et tolérance pour une meilleure survie et qualité de vie des patients.
 

Plus d’informations sur les antirejets
Pour répondre aux différentes questions que les personnes greffées peuvent se poser sur leur traitement antirejet, plusieurs associations de patients ont créé des supports d’information téléchargeables librement. 
Pour chaque traitement, une fiche est disponible (cliquer sur le nom du traitement pour la visualiser) :
 •    les corticoïdes, 
 •    la ciclosporine,
 •    l’acide mycophénolique
 •    le tacrolimus,
 •    l’évérolimus.
 

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