12/09/2018 - Réforme du transport sanitaire : France Rein alerte sur la situation des dialysés

Réforme du transport sanitaire : France Rein alerte sur la situation des dialysés

Paris, le 12/09/2018

Le décret n°2018-354 du 15 mai 2018 définit de nouvelles modalités de prise en charge des transports sanitaires. France Rein appelle à la vigilance pour que ces réformes, actuelles et à venir, n’impactent pas la qualité du parcours de soins des personnes dialysées.

En France, 46 000 personnes sont en dialyse.

43 000 d’entre elles doivent se rendre 3 fois par semaine dans un centre spécialisé, pour effectuer leur dialyse, qui dure plusieurs heures. Les 3 000 autres patients sont traités à domicile. Pour tous, ce traitement est vital, puisque l’on entre en dialyse quand les reins ont cessé de fonctionner de manière autonome. On parle alors d’insuffisance rénale au stade terminal.

Le transport des patients dialysés représente 18% du coût de la dialyse, et constitue pour l’Assurance maladie un budget très important. France Rein est consciente de la nécessité de contribuer à la régulation des coûts quand cela est possible, mais ce nouveau décret touche à la continuité des soins de personnes déjà très fragilisées par la dialyse, un traitement lourd, épuisant et handicapant.

Ce décret ne vise pas le trajet du domicile du patient à un centre de dialyse, mais bien le transport au sein d’un même établissement, ou entre deux établissements de santé, comme entre un hôpital et un centre de dialyse spécialisé. Le décret précise que c’est l’établissement auteur de la prescription qui aura désormais en charge l’organisation du transport.

France Rein alerte les pouvoirs publics sur le fait que le transport des patients dialysés n’est pas un confort, mais qu’il fait partie intégrante de leurs soins. Cette réforme ne doit pas être la première d’une longue série de modifications qui porteraient préjudice à la qualité de vie des patients en dialyse.


 

Nous rappelons donc ici les aspects sur lesquels France Rein revendique une continuité de la prise en charge :

#1 Le libre choix de son mode de transport

Pour se rendre de son domicile à son centre de dialyse, le patient a aujourd’hui le choix de son mode de transport. Il utilise son véhicule personnel, un taxi, un véhicule sanitaire léger ou une ambulance, en fonction de son état de santé. Le mode de transport fait d’ailleurs partie de la prescription médicale du néphrologue, puisqu’il est directement lié à la pathologie ou à l’âge du patient dialysé, et qu’il a un impact sur son état de santé. Si le mode de transport devait être imposé, France Rein alerte sur les risques inhérents au transport anonyme : refus de courses trop courtes car non rentables, refus de prise en charge en horaires atypiques (comme pour la dialyse nocturne), transport multiple pour rentabilité commerciale, maque de ponctualité, etc.

-> Le libre choix du transporteur doit donc être maintenu, pour que les patients dialysés puissent continuer à choisir la prestation la plus adaptée à leur traitement.


 

#2 Un mode de transport adapté au patient

D’autre part, il est fondamental que le véhicule soit propre et conforme à la réglementation (agrément, trousse de secours, etc.) et que le chauffeur soit compétent en matière de transport de malade (certificat d’ambulancier ou d’auxiliaire ambulancier pour les VSL et brevet de secouriste pour les taxis).

Les autres services requis par l’état de santé des patients dialysés sont un accompagnement de la voiture à la porte du domicile et une conduite professionnelle sans accélération ni freinage brutal.

-> La qualité du transport est directement liée à l’état de santé du patient. Ce niveau de qualité doit être maintenu quelles que soient les futures réformes sanitaires dans ce domaine.


 

#3. Pas d’augmentation de l’attente liée au transport

France Rein s’oppose à une réorganisation qui multiplierait les délais d’attente du patient, dans le cas d’un transport collectif imposé par exemple, qui rallongerait les délais entre la prise en charge à domicile, mais aussi l’attente pour revenir chez soi. Plusieurs patients arrivant en même temps en dialyse ne pourraient pas être tous branchés simultanément, sauf accroissement conséquent du personnel de soins, et ne termineraient donc pas leur dialyse au même moment, forçant les premiers à attendre longuement les derniers. Cette situation serait doublement pénalisante : pour les patients épuisés par leur traitement, et pressés de rentrer chez eux pour se reposer, et pour les professionnels de santé qui seraient soumis à des objectifs de rendement incompatibles avec leur déontologie.

-> France Rein demande que les délais d’attente soient inchangés, pour préserver la santé des patients dialysés, déjà éprouvés par la durée de leur dialyse (entre 3 et 4 heures, 3 fois par semaine).

France Rein et son réseau solidaire seront en action sur l’ensemble de ces sujets, au nom des insuffisants rénaux de France qu’elle représente.

France Rein est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, qui représente les 80 000 personnes dialysées et greffées du rein. Afin d’améliorer la qualité de la vie et des soins des personnes souffrant d’insuffisance rénale l’association travaille à prévenir l’évolution de la maladie rénale par l’information, le dépistage et la recherche, influencer les pouvoirs publics dans la définition des politiques de santé et améliorer la qualité de vie et de traitement des patients. France Rein déploie ses actions dans toute la France, à travers son réseau solidaire d’associations régionales animées par plus d’un millier de bénévoles et représentants élus.

Contact presse :
Cécile VANDEVIVERE / c.vandevivere@francerein.org / 06 24 09 23 07

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