Limousin

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Voici un article publié  dans le Figaro.


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Quand le coronavirus s’attaque aux reins

Beaucoup de patients atteints par le virus souffrent d’insuffisance rénale aiguë.
Par Cyrille Vanlerberghe
Publié hier à 18:19, mis à jour hier à 18:19

Une quantité croissante d’études dans le monde rapportent des nombres parfois importants de patients en réanimation qui souffrent d’insuffisance rénale aiguë. Les variations selon les hôpitaux sont grandes, mais entre 1 % et 25 % des malades souffrent de problèmes sévères aux reins, avec parfois un recours obligé à la dialyse pour filtrer le sang quand les reins n’arrivent plus le faire. «Ces atteintes rénales sont très graves, car une étude récente montre qu’elles sont un facteur majeur de mortalité pour les patients», explique le Pr Dominique Eladari, néphrologue au CHU de La Réunion.

À New York, les services de réanimation dans certains hôpitaux ont besoin de tellement de personnel pour faire fonctionner les appareils de dialyse en salle de soins intensifs qu’ils ont dû faire appel à des volontaires venant d’autres États, rapporte le Washington Post. «Au début, on pensait que ces cas d’insuffisances rénales pour les cas Covid étaient dus au mauvais état général des patients en réanimation, qui étaient déshydratés après plusieurs jours d’essoufflement, ou alors étaient une conséquence de la tempête cytokinique, l’orage inflammatoire général provoqué par la réaction de l’organisme au virus qui attaque les organes, explique Pierre Ronco, professeur émérite à Sorbonne Université, expert des maladies rénales et éditeur en chef de la revue spécialisée Kidney International. Mais, depuis quelques jours, on a la preuve que le virus s’attaque aussi directement aux cellules rénales, ce qui est une vraie surprise.»

Cette observation provient d’une étude publiée le 9 avril dans Kidney International, rapportant les résultats d’autopsie de 26 malades morts du Covid-19. Neuf d’entre eux avaient des atteintes rénales sévères, et les reins de 7 de ces patients contenaient des coronavirus, clairement visibles dans des images au microscope électronique.

La voie d’entrée du virus dans les cellules tubulaires du rein se fait probablement par l’intermédiaire d’une enzyme, appelée ACE2, qui est la porte d’entrée privilégiée du nouveau coronavirus dans l’organisme. Mais ce mécanisme n’a pas encore été prouvé pour le rein.

«La conséquence la plus directe de cette découverte, c’est qu’il va falloir exercer une vigilance particulière chez les patients en convalescence, avec un suivi régulier de leurs fonctions rénales, pour s’assurer qu’ils ne risquent pas de développer par la suite une maladie rénale chronique», met en garde Pierre Ronco.

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