Lorraine

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La SNDT nous alerte !

La SFNDT[1], avec le soutien de la FEHAP[2], du SNSA[3] et de France-REIN, vous fait part de son extrême inquiétude à la suite des propositions de modifications de la réglementation des autorisations de dialyse qui ont été évoquées lors de la réunion du Groupe de Travail lundi 19 octobre au titre de la « simplification administrative ».

La proposition de segmentation de l’offre de dialyse en 3 grades « Dialyse hospitalière », « Dialyse de proximité » et « Dialyse à domicile » supprime la structure actuelle d’Unité de Dialyse Médicalisée (UDM) ; or, cette structure permet une gradation de soins intermédiaire qui n’a pas d’équivalent dans le scénario qui a été discuté.

L’impact de cette proposition est majeur sur l’organisation des soins de dialyse ; elle conduit à :

  1. Prépondérance de l’offre de centre lourd en zone urbaine dense aux dépens de l’offre d’UDM, qui disparaît
  2. Prépondérance de l’offre d’auto-dialyse en zone urbaine moins dense ou rurale
  3. Difficulté de l’organisation des replis pour les patients en auto-dialyse ou dialyse  à domicile

Les UDM sont un des principaux apports des décrets de 2002 sur l’insuffisance rénale. Ces unités ont permis de structurer fondamentalement l’offre de dialyse en France depuis 18 ans. Le maintien des UDM est justifié pour les raisons suivantes :

  • Maintien d’une offre de dialyse de proximité permettant de prendre en charge des patients lourds
  • Maintien d’un système permettant d’assurer aux patients un accès à la dialyse avec des temps de transport courts (18 à 20 minutes en moyenne)
  • Maintien des possibilités de choix pour les patients : par exemple un patient qui ne justifie pas d’être en centre, et qui ne veut pas aller en autodialyse, peut aller en UDM ; autre exemple, un patient qui ne peut plus rester en auto-dialyse pour des raisons médicales, et qui ne veut pas aller en centre, peut aller en UDM
  • Maintien d’une capacité de repli intermédiaire pour les patients d’autodialyse, ou pour les patients en hémodialyse à domicile, afin d’éviter au patient un repli sur des structures parfois très éloignées.

La proposition qui nous a été faite par la DGOS[4] ne va pas maintenir cette offre de dialyse de proximité pour les patients lourds actuellement permise par les UDM. Les moyens prévus pour les unités de dialyse de proximité sont calqués sur ceux des unités actuelles d’autodialyse. Cette proposition va déstructurer l’offre actuelle de dialyse en France, ce qui, pour les soignants et les patients, est inacceptable.

La SFNDT est d’autre part profondément opposée à la suppression des ratios de personnel IDE par nombre de patients dialysés qui a été évoquée (ou à la possibilité d’un « lissage à la semaine » de ces ratios), qui conduirait à une régression de la qualité et de la sécurité des soins et à une augmentation de la charge en soins par IDE et au risque de découragement et d’épuisement des équipes. La nécessité de pouvoir dialyser un patient supplémentaire « en urgence » évoquée pour justifier ce lissage est par ailleurs déjà prévue dans les décrets de 2002 :

« Article D. 712-131 : un poste d’hémodialyse au moins est réservé au repli des patients mentionné à l’article D. 712-128. Le centre d’hémodialyse dispose d’au moins un poste de repli pour 30 à 45 patients traités hors centre et pour lesquels il assure le repli. »

La SFNDT partage la volonté d’améliorer la diversité de l’offre de traitement aux patients nécessitant un traitement de suppléance rénale et notamment l’offre de dialyse à domicile, et le souci de maintenir le niveau de sécurité et de qualité des soins qu’ont permis les textes réglementaires de 2002. Les modifications de réglementation qui ont été évoquées ne répondent pas à ces préoccupations.

La suppression du recours à l’UDM - comme la suppression des ratios infirmiers - représente une remise en cause profonde de l’organisation de cette offre des soins qui va compromettre la prise en charge de très nombreux patients et le fonctionnement de nombreuses structures.

Très préoccupés par l’absence de nouvelle réunion de concertation prévue pour discuter de manière collégiale des options qui seront retenues, nous vous faisons part de notre opposition profonde aux propositions évoquées et rappelées plus haut. La SFNDT reste très attachée à la réglementation actuelle et rappelle sa position :

  • Maintien des textes de 2002
  • Autorisation de l’activité d’HDF en UDM
  • Individualisation des prises en charge en situation de transition (début de dialyse en urgence, gestion des replis, formation des patients)

Nous sollicitons un rendez-vous de manière à discuter directement avec vous de l’impact majeur que ces modifications de réglementation portées par le souhait de la simplification administrative sont susceptibles d’avoir sur la prise en charge des patients nécessitant un traitement de suppléance rénale.

 

[1] SFNDT : Société Francophone de Néphrologie, Dialyse et Transplantation

[2] FEHAP : Fédération des Etablissements Hospitaliers et Aide à la Personne

[3] SNSA   : Syndicat des Néphrologues du Secteur Associatif

[4] DGOS  : Direction Générale de l’Offre de Soins