Pays de la Loire

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Article extrait d'une émission diffusée sur la chaîne de télévision Arte :

Le XXème siècle marquera-t-il la fin de l'ère des antibiotiques, ramenant la médecine deux cents ans en arrière ?

Malgré leurs efforts, les Etats et l'Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) restent impuissants à endiguer l'antibiorésistance.

A la source de la médecine moderne, les antibiotiques ont offert jusqu'ici un moyen quasi miraculeux de lutter contre les bactéries infectieuses. Mais leur usage abusif, qui voit décliner inéluctablement leur efficacité, pose un problème de santé majeur. 

En cause :

  • l'élevage moderne, qui bourre d'antibiotiques (les mêmes que ceux administrés aux humains),
  • la nourriture donnée aux bêtes, pour accélérer leur croissance.

Aujourd'hui, aux Etats-Unis, 80 % de la production d'antibiotiques est ainsi destinée aux élevages. Les animaux finissant dans nos assiettes, le corps développe une accoutumance accrue face aux médicaments, rendant leur utilisation totalement inefficace. Tous les continents sont concernés.

Derniers Recours

Si les classes d'antibiotiques actuels n'ont plus d'effet sur l'homme, ne suffirait-il pas d'en changer ?

Encore faudrait-il que les grands laboratoires acceptent de développer ces nouveaux traitements !

Face aux coûts, la santé ne fait pas le poids : seules six des cinquante plus grandes compagnies pharmaceutiques conduisent des recherches sur de nouveaux antibiotiques. D'ici à 2050, selon les spécialistes, l'on pourrait revenir à une situation médicale similaire à celle du XIXème siècle, où faute de traitement adéquat, la moindre infection pourrait s'avérer fatale.

En 2017, l'OMS réagissait en définissant huit antibiotiques "de dernier recours", réservés exclusivement à la médecine humaine.

En Allemagne, trois d'entre eux sont déjà utilisés pour l'élevage...

Au travers notamment de nombreuses interviews de scientifiques réalisées dans différents pays, la sonnette d'alarme est tirée sur une question dramatique et complexe, dont personne ne peut aujourd'hui mesurer les réelles conséquences...