Pays de la Loire

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"L’esprit humain traite une nouvelle idée de la même manière que son corps le ferait d’une protéine étrange ; il la rejette."
- Peter Medawar -

Sciencetips

Aujourd'hui : "Un sacré don !"
Où l'on découvre qu'avoir un jumeau peut nous sauver la vie.

1954, États-Unis. Ronald et Richard Herrick sont nerveux. Ils sont sur le point de se soumettre à une opération très risquée : Ronald va donner un rein à son frère jumeau, Richard ! Et ce n'est pas rien… Une telle greffe n'a encore jamais été couronnée de succès !

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Ronald et Richard Herrick, vers 1954, photo : DR

En cause ? Le phénomène de "rejet de greffe". Il s'agit d'une réaction de l'organisme du receveur, qui va considérer l’organe greffé (on parle de "greffon") comme étant étranger.

En cas de rejet, l'organisme déclenche une réaction immunitaire, exactement comme lorsque l’on est infecté par un virus ou une bactérie.

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Schéma montrant l'implantation du nouveau rein greffé chez le patient receveur, illustration Sciencetips
 

Elle va cibler le greffon et chercher à l'éliminer. Par exemple, en s’attaquant aux vaisseaux qui l’alimentent ou en détruisant les cellules qui le constituent.

Une greffe entre une mère et son fils a ainsi échoué deux ans auparavant en France. Mais à l’époque, on a du mal à savoir ce qui cause ce rejet.

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Rejet chronique d’un rein greffé : (A) obstruction du réseau de capillaire sanguin (flèche), (B) présence de cellules inflammatoires (flèches), photo : Benjamin Laffy

Heureusement, le docteur Joseph Murray a une idée : tenter une greffe avec… de vrais jumeaux, quasi identiques en tout point. Ça tombe bien, Joseph a le patient idéal : Richard !

La greffe est un succès, qui accordera huit années de vie supplémentaires à Richard (qui épousera même son infirmière), et un Prix Nobel à Joseph.

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Joseph Murray, 1990, photo : nobelprize

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. C’est sur la base de ces travaux que sera enfin identifié le responsable du rejet de greffe : le "système HLA".

Ce groupe de molécules n’est autre qu’une sorte de carte d’identité des cellules. C’est lui qui permet au système immunitaire de déterminer ce qui appartient, ou non, à notre organisme.

Chez les vrais jumeaux, comme Richard et Ronald, ce système HLA est… identique. D’où l’absence de rejet de greffe ! Bref, on peut dire que cette opération aura été un vrai coup double…

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Illustration Sciencetips

Pour en savoir plus :

Chaque année, près de 6 000 greffes sont réalisées en France, et plus de la moitié sont des greffes de rein.

Alors, la Fondation pour la Recherche médicale s’engage en finançant des recherches : comme celle de Gillian Divard, qui tente de mettre au point un outil pour mieux apparier un greffon à un patient, ou encore celle d’Olivier Thaunat, qui étudie les phénomènes à l’origine des rejets chroniques.

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En savoir plus sur les greffes, photo : Olga Guryanova