Pays de la Loire

Pays de la Loire

Ambulances : les dialysés tapent du poing sur la table

France Rein Pays de la Loire pointe du doigt les très gros problèmes de transports vécus par les patients dialysés. Du fait du manque d’ambulances et de la course à la rentabilité financière.

Sous la plume de la présidente adjointe Virginie Morris (à droite au deuxième rang) et de la présidente Anne Hiegel (à gauche au premier rang), l’ensemble du conseil d’administration de France Rein Pays de la Loire a écrit à la ministre de la Santé.

Sous la plume de la Présidente Adjointe Virginie Morris (à droite au deuxième rang) et de la Présidente Anne Hiegel (à gauche au premier rang), l’ensemble du conseil d’administration de France Rein Pays de la Loire a écrit à la ministre de la Santé. | FRANCE REIN. PAYS DE LA LOIRE. 

Ouest-France Philippe GAMBERT. Publié le 23/01/2020 à 20h52

C’est un appel au secours, presque une alerte sanitaire. France Rein Pays de la Loire pointe du doigt les énormes problèmes de transport sanitaire auxquels sont confrontés, en particulier dans l’agglomération nantaise, les patients dialysés.

Ces personnes (dont les reins ne fonctionnent plus correctement) doivent subir, trois fois par semaine, une dialyse. Cela consiste à filtrer le sang pour le purger de ses déchets, avant de le réinjecter dans l’organisme.

Les dialyses, des traitements lourds, se font le plus souvent dans des centres spécialisés et en général pendant quatre heures de suite, le matin, l’après-midi ou en soirée. « Ce sont environ 1 000 patients qui doivent être transportés aux heures de pointe quand la circulation dans Nantes et sa proche banlieue est saturée », souligne Virginie Morris, de France Rein Pays de la Loire, qui a été dialysée pendant huit ans avant de bénéficier d’une greffe de rein.

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyMDAxNjVkZTY3ZTg0Mjg4MzFlNDg3MmJiN2Y2YWI2ZTNjNWQ?width=630&height=0&focuspoint=50%2C25&cropresize=1&client_id=bpeditorial&sign=3f7519a39396a31bf25c8c027efe9b885dc5600ab026bc5475a8c67ae7ba0f14

Chaque dialyse est un acte lourd et dure environ quatre heures. 

Mais la circulation difficile n’est pas la difficulté la plus aiguë. Le vrai problème, c’est la course à la rentabilité financière et le manque de véhicules sanitaires. « Le nombre d’agréments pour les véhicules sanitaires est bloqué et n’a pas augmenté depuis quinze ans dans la région des Pays de la Loire, tandis que, dans le même temps, la population de l’agglomération nantaise a progressé de plus de 11 %. »

Obligé de voyager allongé !

« Les principaux prestataires sélectionnent les patients en fonction de la rentabilité du trajet domicile-centre de dialyse », affirment Virginie Morris, Présidente Adjointe et Anne Hiegel, Présidente de France Rein Pays de la Loire« On se heurte parfois carrément à un refus de transport », rebondit Vincent Landi, le directeur d’Echo (activités de dialyse et de néphrologie). Ou bien les médecins sont incités à prescrire des transports en position allongée, pour une question de rentabilité financière, alors même que le patient concerné peut voyager assis ! Ou alors parfois, dans le cadre d’une tournée, le patient dialysé doit attendre une demi-heure, trois quarts d’heure ou plus avant de rentrer chez lui, ou arrive en retard pour la dialyse !

Désarroi des patients

« Ces difficultés de transports engendrent de graves conséquences sur l’état de santé des patients et sur la prise en charge par le personnel médical. » France Rein Pays de la Loire, estime que la situation s’est détériorée avec le regroupement des sociétés d’ambulances. « Plusieurs textes de lois et arrêtés concernant le transport sanitaire ont incité puis finalement rendu obligatoire la signature de convention entre les centres de soins et les sociétés de transports sanitaires. »

Dans les faits, sur l’agglomération nantaise, deux entreprises – Jussieu secours et Harmonie ambulances (contactée, cette dernière n’a pas donné suite) – sont de cette manière devenues incontournables. « Et les usagers n’ont plus du tout le libre choix du transporteur. »

Depuis deux ans, France Rein Pays de la Loire et l’association Echo alertent les autorités sanitaires, régionales et nationales. En vain jusqu’à maintenant. Une des solutions est de développer les dialyses à domicile. Mais cela ne convient pas à tous les patients.