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2026, année critique pour la réforme du financement de la dialyse

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2026, année critique pour la réforme du financement de la dialyse

Le PLFSS (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale) 2026 a fait couler beaucoup d’encre. Finalement adopté fin 2025, il prévoit des économies substantielles en matière de dépenses de santé, et notamment pour certaines catégories paraissant lucratives, dont la dialyse. Une réforme du financement de cette dernière, via l’instauration de forfaits hebdomadaires, devrait voir le jour. France Rein suit attentivement ce dossier.

Le paiement à la séance : un système, des dérives

L’ancienne tarification de la dialyse était basée sur un paiement à la séance en fonction de forfaits techniques dépendant du mode et du lieu de dialyse. Or la dialyse est un soin coûteux et génère, selon le gouvernement, des "rentes excessives". La réforme du financement de la dialyse vise à normaliser ses rentes. Ce système est également accusé de nuire à la prise en charge du patient en favorisant les soins lourds au détriment de l’accompagnement vers l’autonomie et de l’accès à la greffe. Sans accord avec les différentes parties, l’Assurance Maladie menace de baisser de façon unilatérale les tarifs de la dialyse.

Si une réforme du financement de la dialyse s’avère nécessaire, France Rein s’inquiète que les restrictions budgétaires n’impactent la qualité des soins des patients souffrant de MRC et nécessitant des séances de suppléance. Comme l’a écrit Jan Marc Charrel, président de France Rein, dans ce journal : « Nos vies ne sont pas des variables d’ajustement ». Cela concerne 50 000 personnes en France.

Vers un forfait hebdomadaire individualisé

Pour France Rein, ce nouveau forfait doit financer non seulement l’acte de dialyse, mais aussi les soins de support, l’initiation du traitement, l’autonomisation des patients, et les situations complexes (complications, soins palliatifs, changement de modalité, etc.). Grâce aux associations, la mise en œuvre de ce forfait, initialement prévu au 1er janvier 2026, a été repoussée d’une année afin d’ajuster le dispositif. Car l’enjeu de cette réforme dépasse le cadre financier : « la réforme de la dialyse ne doit pas être une réforme comptable, mais une réforme humaine et responsable ».

A partir du 1er janvier 2027, un forfait hebdomadaire unique par patient va donc remplacer le paiement à la séance. Une liste de ces forfaits a récemment été publiée dans le Journal Officiel.

Concrètement, les nouveaux forfaits à la semaine devraient être tarifés en fonction de l’état de santé du patient, de son parcours de santé, de son autonomie et de sa situation économique grâce à l’établissement d’un "score patient". A cela s’ajoutent d’autres forfaits et suppléments pour s’adapter aux différentes phases de la prise en charge du patient. On constitue ainsi des groupes homogènes de patients relevant du même forfait (par exemple "traitement par hémodialyse","traitement par dialyse péritonéale automatisée" ou encore "entraînement à l’hémodialyse"). L’intérêt est de prendre en compte le patient dans ses particularités et son stade dans le parcours de soins (par exemple avec le forfait "entraînement" qui couvre les séances de formation du patient à une technique en autonomie) et d’y inclure les soins supports. Au total, il est prévu quelques 27 forfaits différents pour la dialyse.

Des dotations pour les "bons élèves"

D’autre part, afin d’encourager le recours à la dialyse de proximité, la dialyse de nuit, ou à domicile, les centres qui s’y consacrent pourront recevoir des dotations "missions spécifiques".
Des dotations à la qualité sont également prévues. Parmi les indicateurs permettant d’évaluer les centres, on retrouve l’accès à la greffe ou l’expérience patient.

Parallèlement, France Rein milite également pour une refonte des autorisations des établissements afin de mieux répondre aux enjeux de qualité, de maillage territorial et d’innovation pour la dialyse de demain. Les conditions d’implantation et de fonctionnement des centres devraient ainsi être mieux encadrées.

Ce nouveau système devrait donc entrer en vigueur en 2027 avec pour objectifs d’améliorer l’accès à la greffe et de développer la dialyse autonome.