Maladie rénale : nouvelles données du registre REIN 2024
Et perspectives pour l'amélioration des soins

À l’occasion de la Journée mondiale du rein, l’Agence de la biomédecine publie les données 2024 du registre REIN (Réseau épidémiologie et information en néphrologie).
Créé en 2002 et exhaustif sur le territoire national depuis 2012, REIN permet de suivre l’évolution de la maladie rénale en France, et guide l’organisation des soins au service des patients atteints d’insuffisance rénale chronique.
Ce 23ème rapport révèle des évolutions encourageantes, avec une stabilisation du nombre de patients arrivant au stade de la suppléance, une baisse de la mortalité en dialyse et un accès à la greffe en progression. Il s’accompagne d’un renforcement des moyens dédiés au suivi national, pour mieux orienter l’action publique en vue d’améliorer les parcours de soin et la qualité de vie des patients.

Une baisse encourageante des entrées en dialyse ou en greffe
Depuis 2017, le taux d’entrée en suppléance (dialyse ou greffe) diminue d’environ 2 % par an. Le nombre de nouveaux patients se stabilise aujourd’hui autour de 11 000 par an, malgré le vieillissement de la population et la progression du diabète et des maladies cardiovasculaires.
Cette évolution positive s’explique notamment par l’amélioration du dépistage précoce, du suivi néphrologique, de la prise en charge des comorbidités et par l’arrivée de nouvelles thérapeutiques. Dans certaines régions, la progression du recours à la dialyse ralentit même, voire diminue.
La greffe associée à une meilleure survie
Les données récentes confirment un écart important de mortalité entre les patients dialysés et les patients greffés. En 2024, on observe :
- 14 décès pour 100 patients suivis pendant un an en dialyse
- contre seulement 3 décès pour 100 patients pour les patients greffés.
Le risque de décès est ainsi plus de six fois inférieur après une greffe rénale. Cet avantage reste néanmoins à interpréter avec prudence, les patients dialysés étant en moyenne plus âgés et présentant souvent davantage de comorbidités.
Une greffe mieux intégrée en amont dans le parcours de soins
L’accès à la liste d’attente pour une greffe rénale s’améliore progressivement, notamment chez les patients de moins de 60 ans.
- En 2024, 28% des patients sont inscrits sur la liste nationale avant même de débuter la dialyse, contre 18% en 2012.
- Par ailleurs, 55% des patients sont inscrits dans l’année suivant le début de la dialyse.
- Les greffes préemptives, réalisées avant toute dialyse, sont également en progression de 11% en 2024.
Un accès à la greffe encore insuffisant
Malgré ces avancées, l’accès à la greffe reste insuffisant. Le nombre de patients inscrits sur liste d’attente augmente plus rapidement que le nombre de greffes réalisées. Entre 2019 et 2024, plus de 2 400 patients supplémentaires ont été inscrits sur la liste nationale, tandis que le nombre de greffes progresse plus lentement.
De plus, tous les patients susceptibles de bénéficier d’une greffe ne sont pas encore systématiquement orientés vers ce parcours de soins.
Le diabète, facteur majeur de l’insuffisance rénale
Le diabète constitue un facteur déterminant dans l’évolution vers l’insuffisance rénale sévère. S’il touche environ 6,5 % de la population générale, il est présent chez près d’un patient sur deux au moment du démarrage de la dialyse. Cette forte prévalence souligne l’importance du dépistage et de la prévention du diabète afin de mieux anticiper et limiter le développement des maladies rénales.
Le registre REIN, un outil renforcé pour mieux suivre la maladie
Le registre REIN de l’Agence de la biomédecine évolue grâce à de nouveaux financements et élargit désormais son suivi aux stades précoces de la maladie rénale. Ce développement permettra de mieux comprendre l’évolution de la maladie, d’évaluer l’efficacité des stratégies de prévention et d’analyser les choix thérapeutiques, de la dialyse à la greffe ou au traitement conservateur. Avec de nouveaux moyens humains et scientifiques, ce registre a vocation à devenir un outil national d’aide à la décision pour anticiper les besoins et améliorer l’organisation des soins au bénéfice des patients.